Réseau International pour la Formation à la Recherche en Histoire de l'Art
(master et doctorat)

12°Ecole de printemps

Wakugumi (Cadres conceptuels/ Frameworks) en Histoire de l’Art
- Regards croisés sur l’Occident, le Japon et l’Asie -
Tokyo, 9-13 juin 2014

==> Programm et abrégé (PDF)

 

La XIIe École de Printemps organisée par le Réseau international de formation en histoire de l’art, se déroulera à Tokyo (Department of Comparative Literature and Culture, Graduate School of Arts and Sciences, The University of Tokyo, Komaba) du 9 au 13 juin 2014 et s’intitulera Wakugumi (cadres conceptuels / frameworks) en histoire de l’art. L’École permettra aux doctorants et post-doctorants d’horizons et de spécialisations divers de partager leurs recherches, leurs approches et leurs expériences dans un forum au cours duquel ils coopèreront avec des chercheurs avancés. Les programmes des précédentes Écoles de Printemps se trouvent sur le site www.proartibus.net. La participation à une École de printemps constitue l’un des compléments nécessaires à l’obtention d’une formation internationale en histoire de l’art. Nous recommandons aux candidats, doctorants et post-doctorants, de proposer des communications précises, en rapport avec leurs sujets de recherche, quelle que soit la période de l’histoire de l’art et le domaine qu’ils étudient, et quelles que soient les formes d’expression qu’ils souhaitent aborder. Bibliographies et détail du déroulement de l’École de Printemps seront postées sur le site internet de l'établissement hôte : (http://fusehime.c.u-tokyo.ac.jp/).

LE THÈME
Il existe plusieurs, ou plutôt de multiples histoires de l’art dans le monde. Ce constat indéniable n’est pas encore suffisamment partagé malgré la diffusion des concepts d’« art global » ou d’« art mondial ». L’École de Printemps à Tokyo en 2014 interrogera cette situation. L’objet de notre réunion peut-être qualifié par le terme japonais de « wakugumi », les cadres conceptuels (en français) ou frameworks (en anglais) en histoire de l’art. Les œuvres d’art sont produites et reçues en fonction des wakugumi /cadres / frameworks auxquels elles appartiennent et qui diffèrent dans chaque aire et dans chaque culture. Bien que la production d’images soit un phénomène universel, les œuvres d’art sont pénétrées de particularismes locaux et de caractéristiques culturelles propres. Il s’agira en conséquence à Tokyo de confronter les wakugumi de l’Occident avec ceux du Japon, et éventuellement d’autres pays d’Asie. Notre objectif sera de mettre en relief les modalités différentes de histoire de l’art dans ces régions et de relativiser les jugements de valeur relatifs aux arts et à leurs histoires, dans une approche comparative.
Cette démarche s’effectuera selon les cinq volets ci-dessous.

1) Modalités d’encadrement
Comment les œuvres d’art sont-elles encadrées ? Littéralement (le bord, le cadre – matériel) et métaphoriquement : comment sont-elles définies et cernées, qualifiées et classées, ou présentées et mises en valeur dans l’histoire ? C’est une question fondamentale pour aborder notre sujet. Ce qui encadre les œuvres d’art comporte deux aspects : au sens concret, cadre (de tableau), socle (de sculpture), décor (de l’architecture), ou présentation (de musée et d’exposition), et au sens figuré, institution, critique ou historiographie, ce qui valorise les œuvres d’art du dehors. Les wakugumi sont donc relatifs à la problématique du parergon, ce qui est hors de l’œuvre, ou à ses marges ; ce qui est annexe ; et aux modalités d’encadrement conceptuel des œuvres, qui sont diverses selon les cultures.

2) Valorisation et hiérarchies
La valorisation des œuvres d’art se révèle dans les hiérarchies des médiums, des techniques et des genres. Les médiums artistiques occidentaux comme l’architecture, la sculpture, la peinture, la gravure et les arts décoratifs trouvent-ils des équivalents dans l’art du Japon ou d’autres régions d’Asie ? La hiérarchie des sujets, autrement dit la classification en genres dans la peinture occidentale traditionnelle est-elle semblable au Japon et en Asie ? En Occident, la primauté de la peinture d’histoire peut être soulignée par rapport aux autres genres inférieurs, ou mineurs comme le portrait, le paysage, les scènes de genres, la nature morte. Cependant, au Japon et en Chine, le statut du paysage (dit sansui-ga [peinture de montagne et d’eau]) est prééminent par rapport aux autres genres, à cause de la vision de la nature propre à cette culture. La différence dans le système de hiérarchisation entre Occident et Japon sur des questions aussi fondamentales que l’importance donnée à la nature, et au corps dans son rapport avec celle-ci, mérite d’être explicitée, philosophiquement, et pratiquement, au niveau du mécanisme de la valorisation idéelle et pécuniaire des productions artistiques.

3) Représentation de l’espace et du temps
Toutes les cultures ont leurs formules ou leurs manières de représenter l’espace et le temps dans les arts. L’Occident a inventé la perspective linéaire et le raccourci, ainsi que les autres perspectives (chromatiques, atmosphériques…) pour donner l’illusion d’un espace à trois dimensions sur une surface à deux dimensions ; mais on observe que d’autres formules servent à évoquer l’espace dans la peinture japonaise ou chinoise : perspective inversée, vue en vol d’oiseau, procédé dit de la triple perspective (san-en-ho). De même, le déroulement du temps dans la peinture est figuré de manière variable selon les cultures. Il est également lié, quoi que non exclusivement, au problème des formats picturaux (qui concerne d’ailleurs aussi les représentations de l’espace), la peinture sur rouleau horizontal ou sur rouleau vertical n’en étant que des exemples.

4) Décoration
Le statut du décor ou de la décoration dans le système des arts doit être examiné d’une manière privilégiée dans cette École de Printemps. Car la place des arts dit décoratifs, et plus généralement du décoratif est majeure dans l’art japonais. Les arts décoratifs sont considérés comme mineurs par rapport aux beaux-arts (architecture, sculpture et peinture). Mais au Japon, non seulement les arts décoratifs sont d’une extraordinaire richesse, mais la prédominance du caractère décoratif est évidente, depuis la peinture sur rouleau jusqu’au paravent de l’école Rinpa. Il serait utile de réexaminer la différence de fonction et de signification entre la décoration en Occident et au Japon à partir de cas précis choisis dans les deux cultures.

5) Transmission et fusion
Il existe de nombreux échanges artistiques entre l’Occident et le Japon (et l’Asie). C’est surtout dans la seconde moitié du XIXe siècle que le japonisme se répand dans les arts en Europe et aux Etats-Unis, tandis que la peinture japonaise se renouvèle avec l’introduction de la peinture occidentale. Plutôt que des rencontres ou des influences réciproques, ces échanges génèrent des conflits entre deux wakugumi différents, des fusions ou des appropriations entre deux formules dans les arts. Le même type de phénomène artistique se retrouve en Occident et dans d’autres pays d’Asie comme la Chine, la Corée ou l’Inde. On examinera les œuvres d’art croisées et hybridées avec un regard relatif, ce qui nous permettra de mieux comprendre mutuellement les arts de chacune des cultures.

L'ÉCOLE
C'est dans cette perspective que cette XIIe École internationale de Printemps souhaite explorer en profondeur la question des wakugumi. Les propositions émanant d'étudiants travaillant sur tout sujet susceptible d'apporter une contribution à cette étude des cadres conceptuels au sens large sont les bienvenues. Nous attendons aussi bien des contributions portant sur des sujets antiques et médiévaux que traitant des époques moderne et contemporaine. Les propositions peuvent s'attacher à des objets de recherche très variés, pour autant qu'elles examinent une partie des problématiques développées plus haut. Comment rattacher les sujets de recherche particuliers au contexte qu'offre l’idée du wakugumi ? Qu'apporte l'utilisation de la notion du wakugumi, et quelles sont les nouvelles possibilités d'analyse liées à son étude ? Quelles nouvelles orientations offre-t-il à l'approche comparatiste et à l'étude des objets et artefacts dont l'histoire de l'art n'a jusqu'à présent pas fait grand cas ? Cette liste de questions n'est pas exhaustive, mais elle n'a que pour but de donner une idée de la teneur générale des questions que cette École souhaite soulever et approfondir. L'École permettra aux doctorants et post-doctorants en histoire de l'art et autres disciplines voisines de se réunir et d'échanger leurs points de vue, de présenter les approches et matériaux qu'ils utilisent, et de discuter des conséquences, pour la discipline et pour leurs recherches personnelles, de la mondialisation de l'histoire de l'art. Les propositions visant à relier différents sujets de recherche sont les bienvenues, tout comme celles étudiant les rapports qu'entretient l'objet des travaux des intervenants avec les wakugumi, ou ce que peuvent apporter les études de ceux-ci aux problématiques principales de cette édition de l'Ecole.
Cette École à Tokyo constituera aussi une excellente occasion pour les chercheurs occidentaux et japonais (asiatiques) de se connaître à travers des échanges scientifiques. Comprendre profondément les différentes cultures sera une expérience précieuse pour les chercheurs qui vivent à l’époque de la mondialisation.

SESSIONS :
Les cinq volets mentionnés plus haut constituent les cinq sessions constitutives de l’EDP 2014 à Tokyo :
1) Modalités d’encadrement
2) Valorisation et hiérarchies
3) Représentation de l’espace et du temps
4) Décoration
5) Transmission et fusion

PROCEDURE DE CANDIDATURE
L'appel à communications articles sera mis en ligne sur les sites internet du Réseau (www.proartibus.net), du Departement of Comparative Literature and Culture (DCLC, http://fusehime.c.u-tokyo.ac.jp/), de l'INHA (www.inha.fr), ainsi que sur ceux des autres établissements membres du Réseau.
Les étudiants de deuxième et troisième cycle – master, doctorat, post-doctorat – qui souhaitent participer sont priés de soumettre un projet de communication de 20 minutes au plus, accompagné d'un court CV précisant la ou les langue(s) étrangère(s) maîtrisées. Les propositions ne doivent pas faire plus de 1800 caractères ou 300 mots, et peuvent être rédigés en anglais, français, allemand ou italien. Elles doivent être soumises dans un document de format Word, et doivent comporter le nom du candidat, ses adresses (électronique et postale), l'établissement et le pays dont il dépend, ainsi que le titre de la session à laquelle leur proposition correspond le mieux.

La proposition et le CV doivent être mis en pièce jointe à un courriel sous la forme d’un seul document. La ligne « sujet » du mail doit préciser le nom du candidat et le pays dans lequel il est inscrit. Les courriels sont à adresser à : ecoledeprintempstokyo@gmail.com avant le lundi 6 janvier 2014, dernier délai.

Les propositions seront rassemblées, examinées et sélectionnées par pays. Les correspondants nationaux feront parvenir la liste des propositions acceptées, par courriel, au comité organisateur avant le 28 février 2014. Celui-ci, après consultation du comité scientifique du réseau, se chargera d’établir le programme définitif de l’École. L’annonce de la sélection des participants sera diffusée mi-mars sur les sites du réseau, du DCLC, de l’INHA et des autres institutions membres du réseau.

Les candidats retenus devront soumettre un résumé de 300 mots maximum, ainsi que sa traduction dans l'une des autres langues officielles du Réseau. Résumé et traduction doivent être envoyés avant le 30 avril à : ecoledeprintempstokyo@gmail.com dans un document word, et être accompagnés de la présentation en format powerpoint.

Étant donné que les participants font leur communication dans leur langue maternelle, la maîtrise des autres langues est indispensable. Les participants des pays latins doivent maîtriser au moins d’une façon passive l’anglais ou l’allemand, et ceux des pays anglophones ou germanophones le français ou l’italien.

LES PROPOSITIONS POUR INTERVENIR A TITRE DE REPONDANT
Les étudiants ayant participé deux fois ou plus aux Écoles antérieures peuvent poser leur candidature à titre de répondant seulement. Nous encourageons de cette façon les jeunes chercheurs, post-doctorants et doctorants dont les recherches sont déjà avancées à participer aux Écoles en animant la discussion concluant chaque session. Les répondants feront un bilan critique de la session, poseront des nouvelles questions et élargiront le débat à d'autres problématiques, déjà évoquées ou non par les intervenants. Les répondants peuvent également ouvrir d'autres pistes afin de poursuivre la discussion dans les directions suggérées par leurs propres recherches.

Les personnes souhaitant participer à cette École à titre de répondant sont priées de déposer leur candidature en suivant les instructions précisées plus haut : en envoyant avant le 28 février 2014 un CV à leur correspondant national. Cependant, au lieu d'une proposition de communication, ils doivent présenter une brève lettre de motivation mettant en avant leurs compétences spécifiques.

PROPOSITIONS DE COMMUNICATIONS PAR LES PROFESSEURS
Comme chaque année, les professeurs du Réseau pourront soit proposer une communication, soit encadrer une séance à titre de président. Les enseignants souhaitant intervenir dans le programme sont priés de faire connaître leurs intentions au Comité Organisateur par courriel à l’adresse suivante avant le 28 février 2014 : edou5ard@gmail.com

RESPONSABLE DU COMITE D’ORGANISATION :
Atsushi Miura (The University of Tokyo)
Departement of Comparative Literature and Culture, Graduate School of Arts and Sciences, The University of Tokyo, Komaba, Japon

ORGANISE PAR :
Réseau International de la Formation à la Recherche en Histoire de l’Art
The International Consortium of Art History (www.proartibus.net)

BUREAU/COMITE EXECUTIF :
Président : Michael F. Zimmermann, Eichstätt et Munich
Présidents Honoraires : Ségolène Le Men, Paris
Henri Zerner, Boston (Mass.) et Paris
Vice-Présidents : Todd Porterfield, Montréal ; Maria Grazia Messina, Florence et Rome
Membres du Bureau : Jan Blanc, Genève ; Nadeije Laneyrie-Dagen, Paris ; Thomas Kirchner, Francfort-sur-le-Main ; Johanne Lamoureux, Montréal ; David Peters-Corbett et Bronwen Wilson, Norwich

CORRESPONDANTS NATIONAUX
Pour le Canada : Johanne Lamoureux et Todd Porterfield (Université de Montréal) ; pour la France : Frédérique Desbuissons (Institut national d'histoire de l'art), Béatrice Joyeux-Prunel (École normale supérieure de Paris), Claire Barbillon et Ségolène Le Men (Université Paris Ouest Nanterre La Défense) ; pour l'Allemagne : Thomas Kirchner (Francfort-sur-le-Main, Johann Wolfgang Goethe-Universität) et Michael F. Zimmermann (Katholische Universität Eichstätt-Ingolstadt) ; pour la Grande-Bretagne : David Peters-Corbett et Bronwen Wilson (Norwich, University of East Anglia) ; pour l'Italie : Marco Collareta (Università di Pisa) et Maria Grazia Messina (Università degli studi di Firenze) ; pour la Suisse : Jan Blanc (Université de Genève) ; pour les États-Unis, Henri Zerner (Harvard University) ; pour le Japon, Atsushi Miura (Université de Tokyo)